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Emile AILLAUD

 

Né à Mexico en 1902, Emile Aillaud débute sa carrière d’architecte en 1922 et participe à des réalisations prestigieuses.

Au lendemain de la guerre, il construit aussi la cité Bellevue à Creutzwald, maisons individuelles pour les mineurs et conçoit des projets pour des offices HLM.

 

 

 
Les murs-images d'Emile AILLAUD

 

 
La Noé 

     Dans le courant de l’année 1966, le préfet du district de la région parisienne, en vue d’un équilibre de population de la région, avait décidé d’établir dans la boucle de Chanteloup une population d’environ 20 000 personnes, soit environ 4 700 logements.

    

Cette mutation du village de Chanteloup en ville était liée à la création d'une préfecture à Cergy-Pontoise. L’opération empiétait à l’origine sur les communes d’Andrésy et de Triel ; elle était dite « opération des Grands Offices » destinée à l’Office interdépartemental de la région parisienne, à l’Office d’H.L.M. des Yvelines et à des Sociétés dépendantes de l’O.C.I.L.

     A Chanteloup, en cours de gestation, le programme et l’ampleur même du projet ont changé plusieurs fois.

     Dans un premier temps (un an d’études), la cité était très réduite, elle occupait un terrain d’une trentaine d’hectares.

    Plus tard il a été décidé qu’une autoroute avec ses entours non edificandi devrait passer à cet emplacement ; l’opération a donc été déplacée vers l’Ouest ; la population prévue a été augmentée, peut-être décuplée.

 

 

Chanteloup depuis les années 80

  • Situé aux portes du Vexin, entre Conflans-Sainte-Honorine et Poissy en Vallée de Seine, Chanteloup était un paisible village agricole jusqu'au début des années 70 avec une population, certes en progression (de 1000 habitants en 1936, le village était passé à 2100 habitants en 1968).

  • L'histoire récente de Chanteloup-les-Vignes est marquée par la construction à partir de 1973 de la Cité La Noé, ensemble de 2300 logements pouvant accueillir 8000 personnes. Cet ensemble de logements sociaux, initialement programmé pour 4700 logements sur Andrésy, Chanteloup, Triel ("La ville à la campagne" selon le schéma directeur), a été construit à l'époque sans consultation, ni accord des populations ou de ses représentants et sa réalisation donnait lieu à un scandale politico-financier en 1973 (l'Affaire Aranda).

  • La commune et la population s'étant opposées à cette urbanisation forcée, le programme sortait de terre sans les équipements d'accompagnement pourtant indispensables: pas d'écoles, pas d'activités économiques, pas de lieux d'accueil, pas de moyens de transports.
    C'était à la ville de se débrouiller.

  • Les bâtiments appartenant à l'ancien office de Paris, dissout depuis, ce sont en priorité les familles des quartiers en restructuration de Paris et de le proche banlieue qui y sont installées. Brusquement le nombre d'habitants passait de 2500 en 1970 à près de 11.000 en 1980.

  • L'architecte de l'ensemble, Emile AILLAUD, a voulu faire un espace urbain sans voiture, situation totalement inadaptée aujourd'hui. Si, de l'avis général, les logements sont plutôt bien conçus, l'aspect  général de cette cité, coincée entre les zones pavillonnaires du village et la ligne de chemin de fer, ne peut que provoquer le mal-vivre des habitants.

  • La situation particulière de la ville caractérisée par un manque évident de ressources et des besoins énormes entraîne, depuis le début de l'urbanisation forcée, des problèmes financiers et sociaux très importants.

  • Le dernier recensement de 1999 fait passer la population totale de la ville en dessous de la barre des 10.000 (en baisse de 6.5% depuis 1990). Par ailleurs, la population connaît un fort taux de renouvellement, dû à une grande rotation des populations de la Cité La Noé et à l'arrivée de familles dans les lotissements.

  • Si, il y a une dizaine d'années, Chanteloup-les-Vignes était caractérisée par une popultion très jeune, composée pour 65% de familles d'origine étrangère, issues de plus de 50 nationalités, essentiellement concentrée en parc locatif social, on note aujourd'hui un rééquilibrage de la pyramide d'âge et une baisse relative de l'importance du parc social.

  • Néanmoins, le taux de personnes à nationalité étrangère, selon l'INSEE avoisine les 30%, mais la population d'origine étrangère peut être évaluée à 50% dans le parc social. A titre de comparaison, elle est de 10% dans les Yvelines et de 7% en France. Plus de la moitié de la population d'origine étrangère a moins de 25 ans.


 

  • Au niveau du logement, la tendance est de parvenir à un meilleur équilibrage des populations par la baisse du parc social qui reste important malgré plusieurs restructurations (1835 logements) et l'augmentation du parc privé.

     

  • Les populations chantelouvaises sont confrontées à une évidente paupérisation qui se traduit évidemment au niveau des recettes fiscales de la commune. Ainsi près de 60% des foyers fiscaux chantelouvais sont non imposés et la ville se retrouve en 237ème position sur les 262 communes des Yvelines dans le classement des revenus par foyer fiscal.

  • Selon les données départementales pour 1997, le potentiel fiscal par habitant était de 2 200 F et le produit des 4 taxes fiscales dépassait à peine les 1 700 F. A titre de comparaison, le potentiel fiscal et le rapport des 4 taxes sont souvent supérieurs de 50 à 100% dans les villes voisines.

  • Au niveau de l’emploi, la ville de Chanteloup-les-Vignes connaît encore une fois des problèmes importants. Largement sinistrée par la crise de l’automobile, le chômage qui avait connu une forte augmentation en 1993, avait diminué en 1995, malgré l’afflux important des jeunes en demande d’insertion professionnelle. Depuis 1997, le nombre de demandeurs d’emploi croît légèrement pour atteindre 800 personnes au début de 1 999.

  • C’est surtout la tranche des moins de 26 ans (environ 28% du nombre total de chômeurs) qui s’accroît alors que les autres catégories d’âge ont tendance à diminuer. Les jeunes sont à Chanteloup plus nombreux à n’avoir aucune expérience professionnelle et à être peu ou pas qualifiés.

  • Un effort important en matière d’implantation d’entreprises et de création d’emploi a été accompli à Chanteloup au cours de ces dernières années. Aujourd’hui, la commune compte près de 250 entreprises (contre moins d’une vingtaine en 1980), sans compter les associations et institutions publiques. La taxe professionnelle, malgré un taux d’imposition inférieur à la moyenne départementale, s’en ressent et a été multiplié par 12 entre 1983 et 1998.

  • Un effort tout particulier est fait en faveur des jeunes non qualifiés, des demandeurs d’emploi de longue durée, des Rmistes et des mères de famille isolés, notamment au travers du Plan Local d’Insertion par l’Economique (PLIE) et des structures spécialisées, comme l’Agence Intercommunale pour le Développement de l’Emploi qui sont désormais regroupés au sein de la Maison de l'Emploi, de la Formation et de l'Entreprise (M.E.F.E.), le Centre de Promotion par la Formation (CPF), sans oublier les entreprises d’insertion et associations intermédiaires (ex. : le Relais Val de Seine, Décibels)

  • En matière scolaire, Chanteloup comptait à la rentrée 1998, 2183 élèves scolarisés, répartis entre 6 écoles maternelles (542 élèves en 24 classes), 5 écoles primaires (854 élèves en 38 classes) et 787 collégiens (2 collèges). Près de 90% des élèves scolarisés à Chanteloup-les-Vignes le sont en zone d’éducation prioritaire.

  • Cette situation toute particulière en France, y compris parmi les villes qui comportent des îlots sensibles a très tôt valu à Chanteloup-les-Vignes d’être classé site pilote en matière de politique de la ville. Tout au long des différentes évolutions en la matière sous les gouvernements qui se sont succédés, Chanteloup-les-Vignes et son Maire ont été impliqués et ont souvent servi de laboratoire de développement social urbain.

  • C’est ainsi que Pierre CARDO a été nommé, par Michel ROCARD, Premier Ministre de l’époque, au Conseil National des Villes (CNV).

 

De contrat de plan en développement social des quartiers, de contrat de ville en développement social urbain en passant par les zones de redynamisation urbaine, Chanteloup-les-Vignes a été retenu en 1 998 au titre  des Grands Projets Urbains pour devenir en 1 999 Grand Projet de Ville, actuellement en cours d’élaboration.

 

 




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